La motricité libre : un beau cadeau pour nos tout-petits

motricité libre.001Qu’est ce qui fait grandir nos enfants ? Comment parviennent-ils un jour à marcher, sauter et courir ? Pourquoi certains bébés semblent-ils parfois en avance sur d’autres ? Et surtout quelles sont mes ressources en tant que parent pour soutenir le développement de mon tout jeune enfant et l’aider à bien grandir ?

Dans notre travail auprès des parents, nous avons souvent l’occasion d’accueillir ce type de questionnements de la part de parents toujours émerveillés par les capacités de leur bébé mais aussi préoccupés par son « bon développement ».

Devenir parent c’est aussi trouver sa place aux côtés de l’enfant pour lui permettre d’avancer et de grandir. Cette simple idée est source de beaucoup de stress chez certains d’entre nous, car même lorsque nous n’y prêtons pas attention, il y a toujours quelqu’un dans notre entourage (parfois même un médecin) qui cherche à évaluer les capacités de notre enfant : est-ce qu’il mange bien ? est-ce qu’il vous sourit et tourne bien la tête quand vous lui parlez ? est-ce qu’il se tient assis ? est-ce qu’il marche ? etc. Comme si il y avait des normes qui marquaient les stades de développement.

En tant que parents, on peut être vite déstabilisés par ces questions, voire ces comparaisons avec d’autres bébés, parce qu’on souhaite tout simplement donner à notre enfant toutes les chances pour s’épanouir.

On a eu envie alors de vous faire (re)découvrir les apports de la motricité libre (ML pour les intimes) qu’on aime beaucoup partager avec les familles qu’on accompagne tant cette approche est riche tout en restant souple : attention d’ailleurs à ne pas n’en retenir que les « règles » mais plutôt le principe général en l’adaptant au quotidien et au fonctionnement de chaque famille, de chaque enfant !

On vous parlait le mois dernier des bienfaits du jeu libre suite à une conférence d’Olivier Gilly de l’association Pikler Loczy. On vous présente ici les principes plus généraux de l’approche d’Emmi Pikler d’après une intervention de Miriam Rasse, directrice de l’association qui travaille au développement de cette approche en France.

Se libérer de nos anciennes représentations, laisser tomber nos propres attentes

Plus que des enseignements sur ce qu’il faut ou ne pas faire avec nos tout-petits, nous retenons des propos de Miriam Rasse 4 idées importantes qui permettent d’affiner notre regard sur le développement de notre bébé, de le rendre plus juste et donc bienveillant.

Il s’agit de nous libérer de nos représentations anciennes et de résister à la pression exercée par certaines de nos « attentes » même légitimes (j’ai hâte qu’il sache se tenir assis, j’ai hâte qu’il marche, etc).

1. Les acquisitions motrices commencent bien avant l’apprentissage des grands mouvements

La base du raisonnement sur la motricité libre tient au fait que les acquisitions motrices commencent plus tôt qu’on peut le penser, en tous cas bien avant l’apprentissage de la posture assise ou debout. Il existe une multitude de micro apprentissages qui préparent les futurs grands apprentissages (les déplacements en particulier).

Avant de se mettre assis par exemple, il faut que le tout-petit ait testé des postures « intermédiaires », sur le côté, qui vont l’aider à vaincre la gravité et trouver son équilibre !

Ainsi les apprentissages fonctionnent en chaîne et commencent dès les premiers gestes spontanés des bébés placés au sol.

Entre 0 et 3 ans va s’opérer une explosion de connexions nerveuses dans le cerveau du tout-petit. Ces connexions sont la garanties que le bébé peut intégrer ce qu’il découvre pour s’en servir plus tard.  Elles sont aussi un garde fou : les acquisitions vont être très progressives, au fur et à mesure que le cerveau s’organise. Sauter une étape peut gêner certains apprentissages qui n’auront pas de socle moteur suffisant.

Un apprentissage précoce envoient de mauvaises informations à l’enfant sur son corps  (« Je ne me sens pas bien. Mon corps est inconfortable ») et cela peut provoquer des tensions musculaires qui vont entraver les mouvements du jeune enfant ou entraîner une fatigue excessive.

Attention, il ne s’agit pas de s’angoisser ou de se culpabiliser en se disant que notre bébé se développera mal si on saute des étapes… il n’y a rien ici de vraiment grave. L’idée est juste de dire que ces petits apprentissages sont riches et doivent être encouragés, non dans un esprit de faire progresser notre enfant mais de lui ouvrir le champ des possibles. A lui de s’en saisir  !

2. Les acquisitions motrices s’organisent entre elles, à un rythme différent selon chaque enfant

On nous demande souvent à quel âge les bébés sont en capacité de faire telle ou telle chose. Les adeptes de la motricité libre se demandent même parfois si cela va rendre leur enfant autonome plus vite. Miriam Rasse nous rappelle que non ! Attention à ne pas attendre trop et trop vite.

Puisque les apprentissages fonctionnent en chaîne, on peut facilement comprendre que chaque enfant va tracer sa propre voie. En fonction de ses explorations il va aller plus ou moins vite vers telle ou telle posture. Ce qui compte ce n’est pas la vitesse mais bien l’enchaînement des apprentissages et le plaisir qu’il éprouve à répéter ses expériences.

On oublie souvent que les normes d’âge d’acquisition ne résulte que d’une  moyenne entre des situations très diverses…et donc qu’elles ne veulent pas dire grand chose !

Il faut laisser le temps au tout jeune enfant de s’exercer, de répéter et d’intégrer ce qu’il entreprend. Il ne faut pas être pressé, mais plutôt observer à quel point notre petit savoure chaque étape. Cette observation en général nous nourrit en tant que parents
: on voit notre bébé de plus en plus curieux, de plus en plus entreprenant, de plus en plus à l’aise dans ses mouvements.

On se souvient quel plaisir c’était pour nous. On trouvait cela même plus réjouissant que de voir nos enfants réaliser quelque chose avec l’aide d’un adulte.

3. Les acquisitions motrices participent de la construction de soi

IMG_9544On aime cette phrase de Miriam Rasse : « Etre autonome, grandir, c’est bien plus qu’apprendre à faire tout seul. C’est apprendre la conscience de soi et celle des autres. C’est apprendre à se connaître et à se faire confiance. C’est aussi apprendre à prendre soin de soi.« 

En testant des petits mouvements, en entreprenant des déplacements et en suivant son idée, le jeune enfant découvre ses capacités (je sais faire tout seul) mais aussi ses limites (j’ai compris qu’il y avait des dangers).

Cela développe aussi sa capacité à réfléchir et à raisonner (il intègre les résultats de ses expériences). Ce qu’il observe de ses propres expériences et de ce qui se déroule autour de lui le conduit à développer son estime de soi et la bienveillance envers lui-même mais aussi envers les autres !

C’est là que la magie opère : en faisant confiance à nos tout petits, on ne fait pas d’eux de petits tyrans ! On leur permet au contraire de développer une sécurité intérieure qui servira de socle lorsqu’on lui demandera de tolérer la présence d’un autre enfant puis de prendre en compte ses besoins.

La motricité libre, c’est l’école de la vie !

4. Les acquisitions motrices sont plus riches lorsqu’elles sont issues d’une activité autonome

La conséquence des points précédents est simple et sans appel : le développement moteur de notre tout petit sera d’autant plus enrichissant  qu’il réalise ses propres expériences et qu’il a la capacité de tirer les enseignements de ce qu’il entreprend. En d’autres termes, il doit se saisir activement de ses nouvelles capacités.

C’est le grand apport de l’approche d’Emmi Pikler : il n’est pas nécessaire d’enseigner à l’enfant les différentes étapes de ses acquisitions motrices, il a la capacité de les réaliser lui-même grâce à son activité spontanée (le bébé « bouge » dès la naissance…et même avant). C’est justement par ces mouvements qu’il va construire et développer ses capacités motrices, de sa propre initiative !

Tous les enfants marchent un jour ou l’autre ! me direz-vous. Oui. C’est vrai. Certains le font toutefois avec plus d’aisance et de confiance en leurs mouvements. Ne les privons pas de cette formidable sensation d’essayer et de trouver le moyen d’y arriver seul !

Si on réfléchit bien, dans une journée, les bébés subissent beaucoup le planning prévu par l’adulte. Ne les privons pas des petits moment où ils ont prise sur le monde. De notre point de vue c’est un premier pas vers l’éducation bienveillante dont on parle tant pour les plus grands !

On vous réserve pour une prochaine fois quelques conseils pour mettre en place cette motricité libre au quotidien. Dans cet article-ci, il nous paraissait important de repartir des bienfaits pour que chacun puisse se faire sa propre idée.

Anne et Géraldine

Naissanciel – Accompagnement à domicile des futurs et jeunes parents
Découvrez ce qu’on peut faire pour vous avant et après la naissance !

Crédits photo : Naissanciel

*pour en savoir plus sur le programme des soirées débat à l’association Pikler Loczy.

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