Le blues des mamans

images construites pour articles.001Il y a quelques jours nous avons participé au premier café parisien organisé par l’association Maman Blues. C’est une association nationale créée par et pour les femmes qui traversent une difficulté maternelle qu’on peut définir comme l’ensemble des manifestations douloureuses, d’ordre émotionnel, psychique et physique, qui surgissent autour d’une maternité (baby blues qui dure, dépression postpartum, mal-être ou sentiment d’empêchement dans le lien avec bébé et/ou dans sa propre identité).

C’est un sujet souvent peu abordé qui touche malgré tout un grand nombre de femmes après la naissance de leur enfant. Nous vous parlions dans un post récent de l’importance de se préserver après la naissance, pour vivre au mieux ces premiers moments. Là il s’agit de femmes qui, au delà de la fatigue et des ajustements des premiers jours, éprouvent des difficultés à se sentir mère. Elles ont besoin de temps pour construire la relation avec leur enfant.

Des échanges que l’on a eu ce jour là, j’avais envie de partager 3 obstacles qui rendent difficile la prise en charge de ces difficultés à leur juste hauteur.

Nous ne sommes pas préparées à cela.

En cas de difficulté maternelle, la réalité de nos sentiments est tellement éloignée de l’idée que nous nous faisions de la rencontre avec notre enfant, que nous ne comprenons pas immédiatement ce qui nous arrive. Enceinte (voire dès l’âge où nous jouons à la poupée!), nous nous faisons toute une représentation de la maternité et de notre place en tant que maman.

Dès lors, nous sommes très déstabilisées lorsque la réalité n’est pas conforme à cette image ou que nous vivons des sentiments très ambivalents. Cette ambivalence habite de nombreux parents, mais chez certains elle s’accompagne d’une impossibilité à prendre soin de son enfant. Les gestes sont là, mais la « relation » ne se fait pas.

Tout ça est très surprenant dans une société qui met en valeur l’instinct maternel et qui glorifie la maternité ! Cela est perturbant pour ces mamans qui attendent de plus en plus tard pour avoir des enfants, et s’attendent en retour à vivre pleinement cet évènement.

Lorsque la réalité n’est pas conforme à nos attentes, c’est douloureux. Douloureux et honteux.

La culpabilité nous pèse et peux nous amener à dissimuler nos difficultés

Beaucoup de mères qui ont traversé un « tremblement maternel » expliquent leurs difficultés à partager ce qui se passait avec leur entourage. La crainte de ne pas être une bonne mère aux yeux de tous, peut nous conduire à dissimuler nos difficultés.

C’est difficile d’avouer nos faiblesses, surtout à un moment si heureux de notre vie. C’est que, à chaque fois que l’on essaye de dire que c’est pas rose tous les jours de s’occuper de ce petit être, que c’est plus difficile que ce qu’on pensait, on nous répond « c’est pas grave, ça va passer » ou « regarde ton bébé comme il va bien, tu devrais être heureuse »! 

Ces petites phrases qui, même formulées avec de très bonnes intentions, tiennent nos sentiments à distance. Comme si cela n’était pas normal de ressentir cela. La boucle de la culpabilité est bouclée et souvent alimentée par les personnes qui pourraient nous venir en aide. Les petites phrases de réconfort n’ont jamais réconforter personne!

Certaines mamans qui ont traversé des difficultés très sévères, partagent qu’aucun collègue de travail ne l’a jamais su. Pourquoi est-il si difficile de trouver de l’aide ?

C’est difficile de trouver l’aide dont on a besoin

Peu de professionnels sont formés à la spécificité des dépressions postnatales. Et le « traitement » est délicat à définir car il peut remettre en cause l’allaitement, ou même la présence  de la mère auprès de son enfant. Les unités mères-bébés, où la maman peut être prise en charge avec son enfant, sont peu nombreuses.

Ce qui semble manquer surtout, ce sont des professionnels de ville formés à l’écoute pour accueillir les ressentis de ces mamans, sans jugement (« Ben pourquoi vous vous mettez dans un état pareil ? ») et sans banalisation (« Ca va aller »). Ici aussi les petites phrases de certains professionnels que des mamans ont reçues montrent la difficulté à trouver une forme d’aide qui libère les mamans de leur culpabilité et de leur peur de ne pas être normales. « Ce que je voulais, rapporte une maman, c’est qu’on reconnaisse ma difficulté et qu’on me dise que je n’étais pas folle, que d’autres mamans étaient comme moi ». 

Pour les femmes qui étaient présentes, la découverte du site Mamanblues et de son forum a constitué une énorme bouffée de soulagement (« Je ne suis pas seule ! »), et pour certaines, un premier pas vers une prise en charge de leur difficulté maternelle (« C’est quelque chose de sérieux, il faut que je trouve de l’aide). Alors bravo à toute l’équipe bénévole de Maman Blues !

Anne et Géraldine

Naissanciel – Accompagnement à domicile des futurs et jeunes parents
Découvrez ce qu’on peut faire pour vous avant et après la naissance !

 

Pour aller plus loin, vous pouvez regarder « L’autre naissance » où 4 femmes acceptent de témoigner combien il ne va pas de soi de devenir mère.

Crédits photo : 123RF/paylessimages

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