Le bonheur et les bienfaits d’observer les bébés

observation.001Dans notre dernier article sur l’approche piklérienne et la présentation de la motricité libre, nous vous annoncions une suite sur sa mise en oeuvre concrète…

Mais avant de vous donner quelques recettes, il nous parait important de faire un petit détour en rappelant l’importance de l’observation de nos bébés pour adapter chacun de nos gestes et de nos propositions.

En effet, il n’y a rien de pire que les pédagogies qui « dictent » telle ou telle façon de faire.  Les conseils extérieurs peuvent rapidement se transformer en injonctions (faites ceci, éviter cela) et s’avérer contreproductifs s’ils ne sont pas adaptés à notre vie familiale. En tant que parents, nous sommes les mieux placés pour comprendre les besoins de notre enfant.

L’approche piklérienne est loin d’être une pédagogie dogmatique. Elle appelle chacun à réfléchir sur sa place et son rôle auprès de l’enfant….à partir de ce que l’on observe de ses capacités et  de ses intérêts du moment. 

Dans notre travail au sein des familles, nous essayons autant que possible de conforter les parents dans leur propre capacité à comprendre les besoins de leur enfant et à trouver les réponses adaptées.

Cela étant dit, savoir observer nécessite une attention particulière. C’est pour cela qu’on a décidé d’y dédier un article. On s’est inspiré de la conférence d’Ester Mozes, psychologue clinicienne de l’association Pikler Loczy.

L’observation est une posture qui nous invite à prendre du recul par rapport à l’action en cours.

Observer un jeune enfant c’est trouver la bonne distance par rapport à l’action qui se déroule et s’attacher à relever certains « schémas » qui reviennent et disent long sur les besoins actuels de cet enfant. Ces besoins sont très variés d’un enfant à l’autre et d’un moment de la vie à un autre.

Il s’agit d’observer ce qui compte pour cet enfant là, à ce moment là : quelles sont ses réactions ? quels sont ses gestes spontanés ? comment cela me renseigne-t-il sur l’organisation de la journée (adapter les rythmes), sur le nombre et le type de jeux à sa disposition (faire évoluer les objets proposés), sur son état émotionnel du moment (accroître les moments de câlins et de contact), sur les étapes de développement franchies (anticiper sur les prochaines en ajustant certains objets ou gestes), etc.

Cela demande un attention particulière et un intérêt pour les petits détails…en évitant une interprétation immédiate (« il pleure, il a faim » ou « il pleure, il fait un caprice », etc). En observant, on se rendra compte que peut-être il pleure souvent depuis quelques jours alors qu’auparavant il jouait longtemps en toute tranquillité et qu’il est temps de faire évoluer les objets à sa disposition, ou qu’il pleure toujours à la même heure et qu’il a en fait sommeil, etc.

On parle ici des pleurs, mais il y a plein d’autres petits signes à observer, certains qu’on ignore parfois en tant que parent ou professionnel quand on va au plus pressé.

C’est la principale difficulté, prendre le temps et apprendre à observer.

Une posture qui envoie un message fondamental à notre enfant « je m’intéresse à toi, j’ai envie de te comprendre, je ne sais pas tout de toi, apprenons ensemble ».

L’observation fait du bien au couple adulte-enfant. C’est une posture qui envoie un message positif au bébé en pleine construction de l’estime de soi.

On sait comme le regard de l’adulte est important pour le jeune enfant qui est tout le temps à sa recherche (même lorsqu’il est absorbé par son activité, on voit souvent un jeune enfant vérifier en un coup d’oeil que l’adulte est là pas loin).

Observer son enfant est donc bénéfique pour lui. En collectivité, en crèche par exemple, on sait combien c’est difficile pour certains enfants d’être « invisible ». Le regard de l’adulte (un échange de regard ou un petit commentaire suffisent !) est alors essentiel pour soutenir le jeune enfant, lui montrer qu’il compte comme individu, même parmi les autres.

En tant que parent, c’est plus facile d’envoyer ce message puisque l’ensemble de nos gestes quotidiens expriment à notre bébé, notre amour et notre envie de prendre soin de lui. Cela n’empêche pas qu’en affinant notre capacité à être à l’écoute de son état du moment ou de l’évolution de ses besoins (donc à observer) on va approfondir le message : j’essaie de te comprendre, je fais un effort pour prendre en considération ce que tu me dis (dès tout petit au travers des gestes et comportements).

On pourrait même dire que la posture d’observation nous permet de transmettre l’idée que parent et enfant apprennent ensemble et que l’apprentissage est continu ! N’est-ce pas une valeur profonde qu’on a envie de partager avec nos enfants : « Tes besoins comptent, les miens aussi, rien n’est parfait mais on va trouver une solution ensemble en prenant le temps ».

On gagne du temps et on se libère des injonctions pour être de « bons » parents

En considérant qu’on se construit en tant que parent en observant notre enfant, on se libère des injonctions et discours sur les bonnes manières de faire ! 

Nos lectures et nos recherches peuvent nous nourrir et nous alimenter, mais à aucun moment cela ne doit prendre le pas sur ce que nous observons et croyons être utile pour notre bébé.

Tout en assumant notre responsabilité d’adulte (subvenir aux besoins de nos enfants et les éduquer) cette posture donne plus de liberté et peut tranquilliser les plus inquiets : on devient parent en tentant des choses et en observant les résultats.  C’est un ajustement perpétuel.

Terminé l’impression de ne pas savoir faire !

Observer, c’est aussi pour beaucoup de parents une grande source de plaisir et de fierté. Voir son enfant évoluer dans les plus petits détails est souvent source de joie pour celui qui prend le temps d’observer. Certains parents, qui au départ se sentent dépossédés par cette posture inactive (observer c’est le contraire de l’action immédiate) se sentent ensuite fiers de voir comment leur enfant profite de ce qu’ils ont mis en place suite à certaines observations.

Observer, c’est donc avoir plus de temps. En adoptant cette bonne distance, on se retrouve libérés de la pression faite pour « faire avec » notre enfant, pour stimuler son développement et son intellect ! On prend du recul, on se pose et on souffle… tout se dont un parent rêve souvent.

Quel bonheur de les observer !

Anne et Géraldine

Naissanciel – Accompagnement à domicile des futurs et jeunes parents
Découvrez ce qu’on peut faire pour vous avant et après la naissance !

Crédits photo : Naissanciel

*pour en savoir plus sur le programme des soirées débat à l’association Pikler Loczy.

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